Archives de catégorie : Humeur

Humeur du jour

Citations tirées de « Homo Deus : Une brève histoire de l’avenir » (2017) de Yuval Noah Harari, qui lance une violente charge contre les GAFA  : 

 

GAFA

« Aujourd’hui, aux États-Unis, on lit plus de livres numériques que de livres imprimés. Des appareils comme le Kindle d’Amazon sont capables de recueillir des données sur leurs utilisateurs pendant qu’ils lisent.

Par exemple, votre Kindle peut surveiller quelles parties d’un livre vous lisez rapidement ou au contraire lentement, à quelle page vous marquez une pause, et quelle phrase vous fait abandonner le livre pour ne plus jamais le reprendre. ( Mieux vaut dire à l’auteur de réécrire le passage.) Si Kindle est perfectionné et doté d’un système de reconnaissance faciale et de capteurs biométriques, il saura quel effet chaque phrase lue a eu sur votre rythme cardiaque et votre tension.

Il saura ce qui vous aura fait rire, rendu triste ou mis en colère. Bientôt les livres vous lirons pendant que vous lisez. Et alors que vous aurez vite fait d’en oublier la majeure partie, Amazon, lui, n’oubliera jamais rien. Ces données lui permettront de choisir des livres pour vous avec une précision troublante. il lui permettra aussi de savoir qui vous êtes exactement, comment allumer ou éteindre votre intérêt ».

« Tandis que le système global de traitement de données devient omniscient et tout-puissant, la connexion au système devient la source de tout sens. Les hommes veulent se fondre dans le flux de données parce que, lorsque vous en faites partie, vous appartenez à quelque chose de bien plus grand que vous. Les religions traditionnelles vous assuraient que chacun de vos mots et chacun et de vos actions faisaient partie d’un grand projet cosmique, que Dieu avait l’œil sur vous à chaque instant, et se souciait de vos pensées et sentiments.

La religion des data vous dit aujourd’hui que chacun de vos mots et chacune de vos actions font partie du grand flux de données, que les algorithmes vous observent sans cesse, et qu’ils se préoccupent de tout ce que vous faites et ressentez. La plupart des gens en sont ravis. Pour les vrais-croyants, être déconnecté du flux des données, c’est risquer de perdre le sens même de la vie. À quoi bon faire ou expérimenter quoi que ce soit si personne n’en sait rien et si ça ne contribue aucunement à l’échange global d’informations ? »

Être humain pleinement

L’importance de l’acquis et de l’environnement dans l’édification de l’être.

 

Un chapitre qui m’a interpellé sur l’être à l’heure des big data. Le titre du chapitre s’intitule « Penser ». Axel Khan y parle des GAFA, de l’intelligence artificielle et de la nécessité de garder le contrôle de nos pensées dans un monde si électronique.

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Humeur du jour

Panneau à l’extérieur d’un bar aux Etats-Unis. Il y a de plus en plus d’établissements qui coupent momentanément le wifi pour rompre l’individualisme et pour créer ainsi les échanges entre les clients.  Belle initiative qui est souvent couplée à rapprocher les tables pour favoriser la proximité 🙂

Livre : le voyageur hypermoderne

Partir, voyager dans un monde connecté

 

Que devient l’expérience du voyage dans un monde connecté où désormais les moyens de communication ont rompu l’idée d’éloignement ?

 

Les deux chercheurs, Francis Jauréguiberry et Jocelyn Lachance dans leur ouvrage Le voyageur hypermoderne ont étudié les usages de 53 voyageurs d’aujourd’hui pour tenter de répondre à cette question.

Les chercheurs nous informent que l’éloignement ne suffit plus aujourd’hui à déconnecter les voyageurs de leur vie sédentaire. Le voyageur connecté est tenté d’utiliser les différents espaces de communication qui continuent de le relier à ses habitudes.

Les voyageurs rencontrés déclarent faire « une utilisation calculée de leurs moyens de communication ». Les moyens de communication rassurent nos proches nous sachant éloignés,  mais ils ajoutent un frein au sentiment d’aventure qui se perd que ce soit physiquement ou mentalement. C’est devenu plus rare de faire le vide de sa vie quotidienne, de profiter de l’instant présent sans être tenté de réfléchir à ce que l’on va montrer à notre communauté à l’instant T (images, vidéos..)

Un livre à lire pour s’interroger sur ses propres habitudes et les zones franchies lorsqu’on laisse trop souvent par exemple les employeurs nous solliciter en période de vacances.

En quelques années seulement, le fait de ne pas répondre immédiatement à son téléphone portable en est venu à devoir être justifié. Il faut s’expliquer, voir s’excuser de son absence de réactivité. (…) La normalité est de répondre dans la demi-journée, voir dans l’heure, aux courriels reçus. Il y a de fortes chances pour que la géolocalisation de chacun devienne très vite, elle aussi , tout à fait normale.

A l’ère des cartes postales, au jour du départ, les membres de la famille lançaient au voyageur de la fenêtre de leur maison : tu m’écriras ! Aujourd’hui, ils demandent plutôt : comment seras-tu joignable ?

Lire aussi :

« L’impossible voyage connecté, ou comment le numérique a étouffé le sentiment d’aventure » (http://maisouvaleweb.fr/, Novembre 2016)

Les « vacances Instagram » des moins de 35 ans : un cliché ? : (L’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations / IPSOS)

MAJ du 15/06/2018 : une étude britannique a décrypté le fait que le premier critère de choix d’une destination pour un 18-33 ans britannique serait celui de l’instagrammabilité », c’est-à-dire la photogénie du lieu en question. D’après l’étude, la perspective de publier des photos qui seront « likées » sur les réseaux sociaux est dix fois plu citée que la possibilité même de faire du tourisme.

Le pouvoir de l’attention

Attention, très bon article à lire sur le pouvoir de l’attention, où et comment les acteurs du digital s’accaparent l’attention de leurs utilisateurs.

 

L’article d’Hervé Monnier, du blog Brandnewsblog traite des sujets suivants :

« Comment les plateformes s’y prennent-elles pour captiver notre attention ? Quelles sont les zones de notre cerveau les plus ciblées ? Et quelles sont les 5 « failles cognitives » ou ressorts psychologiques principaux sur lesquels les géants du numérique savent si bien jouer ? Sommes-nous toutes et tous devenus « accros » aux écrans et à nos applis, ou bien pouvons-nous encore en garder le contrôle ? Et quels peuvent être les dangers de la captologie pour l’esprit humain, pour les plus jeunes internautes en particulier ? »

Réseaux sociaux et plateformes : après des années de manipulation cognitive, vers une écologie de l’attention ?

 

Pourvoir de l'attention

« Comment le mobile s’est-il immiscé dans nos vies de tous les jours », bon graphique ci-dessus pour argumenter l’article.

Ça fait un peu peur hein ? je suis bien contente de ne jamais avoir eu de smartphone, au moins je ne risque pas d’être dépendante et de ressentir ce vide que les utilisateurs peuvent éprouver sans leurs « doudous mobiles ». Cependant, je suis peut-être dépendante sur autre chose, qui sait ? 🙂

Et comment il est possible heureusement de remédier à cela et d’être moins captivé par nos écrans :

Economie de l'attention

A lire aussi :

Attention à l’attention (Internet Actu, 04/2018)

L’attention, une question politique ? (06/2018)

Capter l’attention à tout prix ? (Emission France Culture, 2018)

« Comment la technologie pirate les esprits des gens » (Tristan Harris, 2016)

« Votre attention s’il vous plait » (peddycaliari.com, 2016)

L’ économie de l’attention (Cairn, Yves Citton, 2014)

« La connexion permanente ? Nous adorons cela ! » (Nouvel Obs, 2013)

Enfin, je termine avec une citation inspirante qui date « déjà » de 2013 (reprise de l’article ci-dessus) :

Le réel est transformé par l’attention que nous portons à un écran, souvent même à plusieurs écrans, dans cette situation paradoxale qui nous voit seul et pourtant connecté à un monde bâti sur un maillage social de chaque instant.” (Bruno Patino)

MAJ : Pour un historique sur le thème du pouvoir de l’attention, lire aussi le livre « Propaganda » (Edward Bernays) : Comment manipuler l’opinion en démocratie qui expose sans détour les grands principes de la manipulation mentale de masse ou de ce que Bernays appelait la « fabrique du consentement»