Livre : le voyageur hypermoderne

Partir, voyager dans un monde connecté

 

Que devient l’expérience du voyage dans un monde connecté où désormais les moyens de communication ont rompu l’idée d’éloignement ?

 

Les deux chercheurs, Francis Jauréguiberry et Jocelyn Lachance dans leur ouvrage Le voyageur hypermoderne ont étudié les usages de 53 voyageurs d’aujourd’hui pour tenter de répondre à cette question.

Les chercheurs nous informent que l’éloignement ne suffit plus aujourd’hui à déconnecter les voyageurs de leur vie sédentaire. Le voyageur connecté est tenté d’utiliser les différents espaces de communication qui continuent de le relier à ses habitudes.

Les voyageurs rencontrés déclarent faire « une utilisation calculée de leurs moyens de communication ». Les moyens de communication rassurent nos proches nous sachant éloignés,  mais ils ajoutent un frein au sentiment d’aventure qui se perd que ce soit physiquement ou mentalement. C’est devenu plus rare de faire le vide de sa vie quotidienne, de profiter de l’instant présent sans être tenté de réfléchir à ce que l’on va montrer à notre communauté à l’instant T (images, vidéos..)

Un livre à lire pour s’interroger sur ses propres habitudes et les zones franchies lorsqu’on laisse trop souvent par exemple les employeurs nous solliciter en période de vacances.

En quelques années seulement, le fait de ne pas répondre immédiatement à son téléphone portable en est venu à devoir être justifié. Il faut s’expliquer, voir s’excuser de son absence de réactivité. (…) La normalité est de répondre dans la demi-journée, voir dans l’heure, aux courriels reçus. Il y a de fortes chances pour que la géolocalisation de chacun devienne très vite, elle aussi , tout à fait normale.

A l’ère des cartes postales, au jour du départ, les membres de la famille lançaient au voyageur de la fenêtre de leur maison : tu m’écriras ! Aujourd’hui, ils demandent plutôt : comment seras-tu joignable ?

Lire aussi :

« L’impossible voyage connecté, ou comment le numérique a étouffé le sentiment d’aventure » (http://maisouvaleweb.fr/, Novembre 2016)

Les « vacances Instagram » des moins de 35 ans : un cliché ? : (L’Observatoire E.Leclerc des Nouvelles Consommations / IPSOS)

MAJ du 15/06/2018 : une étude britannique a décrypté le fait que le premier critère de choix d’une destination pour un 18-33 ans britannique serait celui de l’instagrammabilité », c’est-à-dire la photogénie du lieu en question. D’après l’étude, la perspective de publier des photos qui seront « likées » sur les réseaux sociaux est dix fois plu citée que la possibilité même de faire du tourisme.

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