Cas de communication de crise dans l’environnement

Voici un cas de gestion de crise qui a eu lieu récemment dans le secteur de l’environnement. J’ai suivi cela de près car dans le cadre de l’ONG Shark Citizen, des internautes nous ont beaucoup sollicité pour tenter de comprendre cette situation.

La communication de crise :

Revenons tout d’abord au terme de communication de crise et à sa gestion. Une crise se caractérise par :

  • La présence d’acteurs pouvant être inhabituels (presse, élus locaux, pouvoirs publics, associations, justice…)
  • Un flux inhabituel et surdimensionné d’informations

La crise entraîne ainsi une mise sous tension généralisée selon la nature de la situation et la plupart du temps, engendre des incertitudes, de l’incompréhension et favorise la circulation de rumeurs.

Contexte de la crise :  Laurent Ballesta et le tournage de son film documentaire « 700 requins dans la nuit »

 

Laurent Ballesta, biologiste naturaliste marin français, est un spécialiste mondial de la photographie sous-marine. Il va notamment chaque année sur l’atoll de Fakarava  en Polynésie française pour photographier, filmer et étudier la chasse nocturne des requins gris de la passe sud.

C’est justement autour du tournage de son dernier film sous-marin « 700 requins dans la nuit » dans la passe de Fakarava qu’une polémique est apparue sur les réseaux sociaux. Le documentaire retrace la rencontre, chaque année à la pleine lune de juin, entre 15.000 mérous venus se reproduire dans la passe de Fakarava, en Polynésie, et leurs prédateurs, les requins gris, qui se dirigent aussi par centaines dans l’atoll dans la perspective de nourriture.

Laurent Ballesta

Le début de la crise :

Le tournage aurait été selon les propos de Mathias Michel, moniteur de plongée de l’atoll un « désastre » pour la passe. Vidéo à l’appui, il s’est insurgé dans un post sur Facebook le 28 juin (aujourd’hui supprimé) sur le spectacle de désolation et la dégradation des coraux qui seraient liés selon lui à l’installation de matériel sous-marin pour le tournage du documentaire.

Extraits :

« Vous vous croyez tout permis :  vous avez enterré des câbles électriques en creusant une tranchée dans du corail et en fixant par des pieux métalliques des blocs de bétons sur le corail afin de pouvoir brancher électriquement des caméras ».

« N’est-ce pas une aberration honteuse pour le défenseur de la nature que vous prétendez être ?« …  » Vous vous octroyez le droit de plonger toute la nuit en inondant la passe d’une lumière surpuissante. Vous êtes-vous interrogé sur l’impact néfaste et perturbateur sur le cycle et le comportement des requins et de toute la chaîne alimentaire (…) ».

Le post a vite été partagé sur les réseaux sociaux, atteignant plus de 800 partages sur Facebook.

Le déclenchement de la polémique provoque alors un choc émotionnel auprès des internautes qui induit presque immédiatement une intense activité de recherche d’informations. Celle-ci entrainera une phase de recherche d’explications en interpellant directement le mis en cause, ici Laurent Ballesta directement sur son site internet et sa page Facebook.

Gestion de la crise

Dans un premier temps, Laurent Ballesta n’a pas réagi aux propos. Caroline Schoenfelder qui travaille pour l’une des maisons de production du documentaire « 700 requins dans la nuit », est alors la première à avoir prise la parole et nie ces « accusations infondées ». Selon elle, « Laurent Ballesta fournira une réponse plus exhaustive » et affirme « que ces installations ont été  « mises en œuvre sous l’autorité de la Direction de l’Environnement, avec des experts universitaires qui participent à chaque manipulation ».

Dans une vidéo postée sur sa page Facebook le 30 juin, Laurent Ballesta, répond enfin aux propos diffamatoires postés sur Facebook le 28 juin 2018 par Mr Mathias Michel. Il a répondu point par point aux accusations. La vidéo a été partagée, avec pour bémol des soucis sonores engendrés par la faible connexion, étant donné qu’elle a été enregistrée à Tetamanu (Polynésie française).

Conclusion :

Laurent Ballesta a semblé convaincre Mathias Michel, qui a retiré sa publication, tout en regrettant que les informations autour de cette opération n’aient pas été rendues publiques plus tôt et en plaidant le manque d’informations.

En espérant pour Laurent Ballesta que les aspects négatifs de ce dossier s’estompent rapidement…

A lire :

Tournage en Polynésie : le biologiste héraultais Laurent Ballesta éteint un début de polémique (France 3)

Fakarava, polémique en eaux pas si troubles (la 1ère)

Vidéo – Polémique autour du documentaire « 700 requins dans la nuit » (TNTV News)

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