Utopies, contre-utopies et dystopies numériques

Aux sources de l’utopie numérique

Hervé Le Crosnier revient aux « sources de l’utopie numérique » des débuts d’Internet et du Web reposant sur des principes d’égalité d’accès à l’information, de coopération décentralisée et de liberté d’expression, en évoquant notamment la figure mythique de Stewart Brand, créateur du Whole Earth Catalog arborant la « bille bleue » en couverture, la démonstration révolutionnaire réalisée par Douglas Engelbart en 1968, The Mother of All Demos et ses innovations multiples (la souris 🖱️, l’interface graphique, l’hypertexte, l’édition de texte en temps réel avec curseur et copier-coller, le travail collaboratif en réseau, la visioconférence et le partage d’écran), la Déclaration d’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow en 1996 ou encore le mouvement du logiciel libre initié par Richard Stallman.

 

 

Mutations et dynamiques des technologies numériques

 

L’auteur évoque les évolutions des technologies numériques et différents concepts comme la destruction créatrice schumpétérienne, la création destructrice (robots-soldats), la disruption opérée à travers la plateformisation (effets de réseau, rente technologique, dépendance et précarisation, management invisible, désagrégation sociale et dissensus), les communautés virtuelles (par exemple, la propagande computationnelle du Parti des 50 centimes), le commun Wikipédia, l’intelligence artificielle ubiquitaire, l’information stéréotypée, la cybersécurité et la surveillance algorithmique, la délégation machinique de responsabilité, etc.

 

Communautés et cultures numériques

Sans ignorer les aspects liés à la captologie (économie de l’attention, circuit dopaminergique) et les phénomènes de cyberviolence, le conférencier réfute toutefois l’idée d’abêtissement digital et écranique. Développer la culture numérique permet de garantir que la démocratie va perdurer dans le monde numérique : il s’agit d’élargir l’autonomie des individus, d’être capable d’habiter ledit écosystème, d’apprécier à leur juste valeur les formes culturelles produites par ces technologies, d’affronter les mainmises et les formes de domination (traçage, vectorialisme, industrie de l’influence). La culture numérique est un élément essentiel de la culture générale du XXIe siècle, vectrice, selon Hervé Le Crosnier, d’une citoyenneté démocratique à reconstruire.

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